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Edition

Issuu.com : lire à volonté

Découverte du service Issuu hier, et je n'en reviens toujours pas. C'est joli : un service où l'on peut feuilleter des ouvrages a priori destiné à l'impression. C'est 2.0 : je peux moi-même y publier du contenu, y annoter ce qui est en ligne, y partager tout ce que je veux. Le flickr ou le dailymotion de l'imprimé, en quelque sorte. Avec un vrai confort de lecture en plein écran, et la possibilité, via un viewer, de publier ce qui me plait sur mon blog. La preuve :

Vous avez vu ça ? Mais oui, c'est Le Monde du 8 avril 2008. Tiens, on est justement le 8 avril 2008. Et, pour lire ce journal, normalement, je devrais être abonné au service du Monde.fr, non ? Se pose déjà le problème du droit d'auteur. Et je ne suis pas au bout de mes surprises. Il y a les livres que François Bon vend sur Publie.net, aussi. Et puis tout ce que chacun voudrait bien y mettre... Il suffit de savoir générer un PDF. Une bien belle expérience de lecture. Idéale pour la littérature grise... c'est issuu.com

Jean-Jacques Reboux, Après la lune

J'ai passé un excellent week-end au salon du livre de Gaillac. J'avais prévu une longue note pour dire le plaisir de discuter avec des auteurs jeunesses et des piliers du polar, à rencontrer des lecteurs et à dédicacer des livres, à parler de blogs (d'ailleurs, ils devraient faire un blog en direct, l'année prochaine, ça serait bien, je suis dispo)... Et puis non. J'ai filmé, pas très bien, Jean-Jacques Reboux. Il parle de ses débuts, de la maison d'édition qu'il vient de monter : Après la lune.
Et, finalement, c'est plus intéressant que tout ce que je pourrais raconter. Quatre vidéos, donc.

Quel avenir pour le livre numérique ?

L'excellent Fluctuat.net publie aujourd'hui un dossier sur le livre numérique, ouverture du salon du livre oblige. Clou du dossier, évidemment, une interview croisée d'Hubert Guillaud et de moi-même. Hubert est le créateur du blog sur l'édition et l'édition électronique, La Feuille, auquel je collabore régulièrement.
Si la question du livre électronique vous intéresse, lisez ce dossier. Et si elle ne vous intéresse pas, je prends le pari que c'est le livre électronique qui finira par s'intéresser à vous...

Le plaisir des épreuves

Reçu hier matin les épreuves de mon prochain livre. Les épreuves ? Et bien oui, le texte mis en page, quasi définitif, celui sur lequel se font les ultimes corrections avant l'impression.
Pour beaucoup d'auteurs, c'est un moment plutôt désagréable. Pour moi, non. En tout cas, pas cette fois.
Il faut dire que ce livre, ce sont des citations d'autres auteurs. J'ai l'impression de le redécouvrir, comme écrit par un autre. C'est que du temps a passé, un an, depuis l'envoi du manuscrit.
Bonne nouvelle : je ris et souris encore de beaucoup de choses.
Mais il faut que je revérifie... des noms, des places, des bricoles.
Mais je sais déjà qu'à l'étape suivante j'aurai le livre entre les mains. Et ça, c'est toujours agréable.

Numérique et droits d'auteur

La question de savoir si le numérique est un bon ou un mauvais plan pour les auteurs, du point de vue de leurs droits est donc posée, au Salon des auteurs, ce vendredi 14 octobre 2005 à 15h. Table ronde à la quelle je participe et pour laquelle il me faut donc préparer quelques arguments.

Le numérique menacerait les auteurs parce qu’il permet la copie de leur livre pour un coup réduit. Ce manque à gagner serait insupportable : voilà le discours qu’on peut parfois entendre.

Ce discours est depuis longtemps battu en brèche, notamment par Tim O’Reilly, éditeur reconnu. Le texte qu’il a rendu public en novembre 2002 reste d’actualité. Et il n’a rien perdu de sa vigueur. Pour résumer : le piratage est un impôt progressif. Etre piraté, à grande échelle, cela veut dire que l’on intéresse un grand nombre de lecteurs, et que l’on gagne déjà très bien sa vie. Comme le piratage est progressif, il concerne donc les auteurs à la mesure de leur notoriété. Autant dire que pour la plupart des écrivains, ce risque est quasi nul !

Rappelons à ce propos que, dans le monde, un livre nouveau paraît toutes les trente secondes. Pendant que vous passez trois heures à lire un livre, 360 livres nouveaux sont sortis ! La plupart ne dépassent pas une diffusion de quelques milliers d’exemplaires. On reste dans le domaine du confidentiel : le livre n’est pas un média de masse. Chacun a un lectorat potentiel, fut-il de 100 lecteurs, mais les best-sellers ne sont pas nombreux.

La problématique, pour un auteur, devrait moins être d’empêcher que son livre soit lu, que de faire en sorte qu’on parle de lui.

Qu’on parle de lui avant la publication, avant même qu’il ait trouvé un éditeur, et, pour cela, le numérique est une chance. Prouver que l’on a su réunir une communauté autour de soi sur Internet est un moyen de plus en plus courant de se faire repérer par un éditeur. Il ne s’agit pas forcément de mettre son livre tel quel en ligne, sans autre forme de procès et d’attendre qu’il soit vu, et lu, mais d’utiliser des techniques que l’on pourrait qualifier de « marketing social » pour créer les conditions propices au bouche à oreille. Même si l'éditeur est déjà trouvé, on parlera du livre entrain de se faire..

Quelques exemples en France, dans des genres très différents:

Le pornithorynque est un salopare (en ligne et sur papier)
Le journal de Max (en ligne, et en livre)
Frantico (en ligne, et en livre)
Kelbook (en ligne, et en livre)
 

Qu’on parle de lui après la publication, de façon à ce que chaque lecteur potentiel sache que le livre existe. En s’appuyant sur les mêmes techniques.

Faut-il ou non, mettre son œuvre à disposition du public, gratuitement sur un site Internet ? Les avis divergent. Chaque cas est à étudier. Parfois, on publiera un feuilleton [en]. Parfois, on se contentera d'extraits, ou encore de documents annexes au livre, pour appâter le chaland. D’autre fois, on mettra tout en ligne : pariant que le lecteur séduit achètera le papier, en parlera autour de lui et, finalement fera vendre ce livre, ou d’autres du même auteur. D’autres fois encore, après publication, on tiendra à jour un site présentant des développements autour de l’œuvre publiée.

Les droits d’auteurs sur lesquels on fait une croix en mettant à disposition des lecteurs tout ou partie de son livre doivent en tout cas être considérés comme un investissement. Au même titre que ceux consentis lors des envois à la presse. Notez qu’eux aussi sont progressifs, de l’auteur régional qui envoie cinq ou six services de presse à l’auteur de best-seller qui en envoie 200, les sacrifices ne sont pas les mêmes. Et ne sont jamais considérés comme tels. Notez également, au passage, que les livres qui dépassent 200 ventes ne sont pas si nombreux.

Proposer son livre gratuitement en ligne fait parfois augmenter les ventes. D’autres fois, on peut s’attendre à ce que ce soit sans effet, ou, plutôt négatif, à la marge. Il convient de se tenir au courant de ce qui s’est déjà fait, et d’être imaginatif, réactif, incisif…

Si le numérique menace les droits de quelques uns, ce n’est sûrement pas ceux de la majorité des auteurs, qui ont au contraire, de mon point de vue, tout à gagner du numérique. A chacun de trouver la voie numérique qui lui permettra de rencontrer son lectorat plutôt que d'abord ériger des barrières entre son livre et son public.

Cette direction, c'est encore Tim O'Reilly qui la montre :

Chez O’Reilly, nous publions un grand nombre de nos livres en ligne. Il y a des gens qui en profitent pour redistribuer des copies non payées. (le problème principal, entre parenthèses, n’est pas celui des réseaux de partage de fichiers, mais celui des copies des CD que nous publions qui sont mis en ligne sur des serveurs Web, copiés ou offerts à la vente sur eBay). Ces copies piratées peuvent être désagréables pour nous, mais elles sont loin de détruire notre activité. Nous n’avons observé que peu ou pas de baisse des ventes des livres qui sont ainsi offerts en ligne.[...]

La question à laquelle nous sommes confrontés n’est pas de savoir si des technologies comme les réseaux p2p de partage de fichiers saperont le rôle des créateurs ou des éditeurs, mais celle de savoir comment les créateurs peuvent utiliser de nouvelles techniques pour accroître la visibilité de leurs oeuvres. Pour les éditeurs, la question est de savoir s’ils vont comprendre comment jouer leur rôle dans le nouveau média avant que quelqu’un d’autre ne le comprenne. L’édition est une niche écologique : de nouveaux éditeurs se précipiteront pour la remplir si les vieux y échouent.

Trop de livres ?

Les Belles Lettres est un éditeur sérieux. Et l'on peut dire qu'ils n'ont pas raté cette couverture.
TropUn livre à découvrir, assurément. Et oui, parfois, une couverture bien conçue peut suffire à faire vendre, sans qu'on ait besoin d'en dire plus.

Tout ce qu'il faut savoir sur Harry Potter

PotterIl faut bien parler de Harry Potter. Enfin, en ce qui me concerne, c'est assez évident. J'ai découvert les trois premiers tomes au début de l'année 2000. J'étais alors rédacteur en chef d'un mensuel pour les 8-14 ans, et je n'avais alors consacré qu'une petite actu, dans une colonne, à ces bouquins que je trouvais formidables. Le phénomène n'avait pas encore pris toute sa dimension. Aujourd'hui, comme tout le monde, j'en ferais la couverture. Mais je me souviens qu'alors on me regardait bizarrement : un trentenaire qui tombait sous le charme de livres pour adolescents, cela semblait curieux. Au moins, j'avais une excuse professionnelle. Depuis, ils sont nombreux autour de moi à avoir franchi le pas. Jusqu'à lire le sixième tome en anglais.
Ce sixième tome, justement, sort en français le 1er octobre. Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, même, car on ne compte plus les librairies qui resteront ouvertes au-delà de minuit pour l'occasion. Je ne reviendrai pas sur le phénomène planétaire, forcément inexplicable, sinon chacun saurait faire la même chose dès demain.
Je suis juste épaté, aujourd'hui, par la prouesse éditoriale de Gallimard.
Le Figaro révélait qu'il aura fallu un mois et demi de travail, à raison de 16h de travail par jour, samedi et dimanche compris, à Jean-François Ménard pour que le tome 6 soit prêt en temps et en heure pour les lecteurs francophones d’Harry Potter.
« Et pour aller plus vite, nous avons demandé à Jean-François Ménard de nous rendre ses traductions par parties, ce qu’il ne faisait pas auparavant ; cela nous a permis de gagner un temps précieux. Il traduisait quinze pages par jour ! », explique Catherine Bon, la responsable éditoriale de Gallimard Jeunesse.
Il faut dire que l'enjeu est de taille : Gallimard a laissé entendre que le "nouveau Harry Potter représente 10 % du CA et 7 % des ventes" de son groupe d'édition. Avec un tirage de 2 millions d'exemplaires, on peut comprendre...
Et ce n'est même pas une mauvaise nouvelle pour la forêt : "pour la première fois en France, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (tiré à 2 millions d’exemplaires par Gallimard) est imprimé sur papier certifié FSC, label garantissant une gestion durable des ressources forestières.
En juillet dernier, le tome 6 était déjà sorti sur papier 100% recyclé ou en partie FSC dans les pays anglo-saxons (et notamment au Canada, l’éditeur Raincoast étant précurseur dans ce domaine).
D’après les statistiques de Greenpeace, 28 211 arbres ont été sauvés grâce à l’initiative de l’éditeur canadien Raincoast (et 217 475 arbres auraient pu l’être si l’éditeur américain Scholastic avait choisi la filière écologique également).
Greenpeace a même édité une superbe petite animation Flash pour fêter cette publication sur papier recyclé."
Comment je sais tout cela ? En grande partie parce que je lis les actualités de ce site : poudlard.org, qui exerce une veille impressionnante sur le sujet. Je leur ai piqué la photo, au passage...
Une dernière chose, il parait qu'il ne faut absolument pas lire le numéro d'octobre du magazine Lire : les bougres gachent la fête en révélant des secrets du sixième tome ! Attention l'article en question est en ligne. Je vous fais grâce du lien.
Bon, quoi que vous en pensiez, vendredi soir, à minuit, je serai sans doute devant une librairie. Rien que pour voir à quoi ressemble l'événement. Et parce que j'aurai du temps pour lire, dimanche. Ca tombe bien !

Le salon des auteurs

SalonL'association Cose-Calcre organise le premier "salon des auteurs". Une initiative des plus intéressantes, puisque, pour une fois, l'auteur n'est plus la bête de foire que l'on vient voire au salon, mais le chaland qui profite de l'occasion pour s'informer. Deux axes forts semblent retenus : mieux comprendre le droit d'auteur, et s'initier aux nouvelles technologies. On y parlera donc d'auto-édition, d'Internet et de blogs. Le tout avec des débats et des ateliers, comme il se doit.
Ca se passera les 14 et 15 octobre, à la mairie du VIIIème arrondissement à Paris. Le programme complet devrait être en ligne sur le site du salon dès le 15 septembre.
J'en reparlerai sûrement.

Un statut pour l'écrivain salarié

Les méandres d'Internet étant ce qu'ils sont, et mes interrogations trouvant parfois des réponse que je n'attendais pas nécessairement, je suis tombé ce soir sur une proposition de loi dont je n'avais rien lu jusque là, et qui me semble des plus judicieuses. L'idée est simple : permettre à un écrivain, salarié par ailleurs chez un employeur, de bénéficier d'une convention qui lui libère des heures pour écrire, en contrepartie d'un complément de salaire versé par le Ministère de la Culture.
Si j'ai bien compris la proposition de loi de M. André GERIN relative à la création d'un statut social de l'écrivain salarié, n° 421, déposée le 28 novembre 2002a été renvoyée à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales.
Il se trouve, parait-il, que de nombreuses propositions de loi ne sont jamais étudiée. Si elle l'était néanmoins, et si j'ai bien tout suivi, il faudrait encore que la loi fasse la navette entre les deux Assemblées pour avoir une chance de la voir aboutir. Etant donné qu'elle a été déposée par le groupe communiste, et qu'il ne s'agit vraisemblablement pas d'une priorité, il y a peu d'espoir à avoir avant longtemps.
Néanmoins, pour une fois, le texte de cette proposition de loi, pas bien longue, vaut le coup d'oeil. Elle fera rêver de nombreux écrivains qui tirent le diable par la queue.

Dans certaines entreprises et pôles d'activités, milieux professionnels, sociaux, culturels, il existe un statut pour des sportifs. Il n'existe rien de tel pour un créateur. Or, celui-ci a besoin de reconnaissance et de moyens pour pratiquer son art, de protection sociale également. L'activité de création n'est pas une activité éphémère ou sur une période comme pour le sportif. A son lieu de travail, il devrait être prévu la dotation d'heures pour exercer une pratique littéraire, sans a priori ni atteinte à son déroulement de carrière.

L'intégralité du texte de loi proposé est lisible sur le site de l'Assemblée Nationale.

Papier électronique

Suite à la demi-journée organisée par Tebaldo sur l'encre et le papier électronique, j'ai mis en ligne une note à ce propos, assez longue, en ligne, sur La Feuille.