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Le meilleur de l'humour noir

Livres_004Le petit dernier, en haut, sort le 10 septembre 2008 dans toutes les bonnes librairies. Avec les deux premiers, en bas, ça commence à faire une jolie petite collection.

Un Livre blanc / Oreille rouge

Je me plonge aujourd'hui dans Un livre blanc, de Philippe Vasset. Et rien ne me déçoit. Il y est question de vagabondages sur ces zones des cartes urbaines où rien n'est indiqué. Des zones vierges, blanches.

Et Philippe Vasset nous livre le récit de ses découvertes. Il va sur le terrain. Il veut savoir. Qu'est-ce qui existe est là, derrière les murs ou les grillages ? Que trouve-t-on où la carte n'indique rien ?

On redécouvre la ville, autrement. Même si ça glace parfois le sang, rien que cela vaut le voyage : un livre d'explorateur des temps modernes qui nous montre près de chez nous ce que nous préférerions peut-être ne pas voir. Mais pas seulement. Car, si le thème m'a plu, le livre, le travail de l'écrivain, n'y est pas pour rien.

Ce livre est un vrai livre blanc, un miroir des zones blanches de la carte. Et c'est là le tour de passe passe réussi de Philippe Vasset : le livre, celui que j'ai lu, celui qui est imprimé, n'est pas le livre dont il est question. Parce qu'au final c'est un livre pour dire que le livre ne s'est pas fait. Il est la description du livre, ou de la manifestation artistique qui aurait pu être le résultat de la démarche d'exploration. Sans rien de définitif. Ce livre est une piste, il trace des chemins, mais ne s'arrête pas.

C'est une friche, un terrain vague, un lieu sans existence définie. Un livre blanc, vraiment.
Et, là, je tire mon chapeau. Philippe Vasset décrit ce qu'il aurait voulu faire, mais n'a pas pu faire. Ici, par exemple : « J'aurais voulu trouver un texte, une lettre, voire de vieilles photos tombées d'un album de famille pour les incorporer à mon manuscrit. Mais rien. » Le Livre blanc est aussi cette description du livre qui ne s'est pas fait.

Notesdelecture

Presque dans la foulée, aujourd'hui, je lis aussi Oreille rouge d'Eric Chevillard. Tout juste sorti d'un carton de la Fnac Saint-Lazare. L'auteur de Palafox livre là lui aussi un récit d'éxploration. Et du coup, il y a comme un écho entre les deux livres. Le héros de Chevillard est comme un négatif du narrateur de Philippe Vasset. Un écrivain, aussi, mais explorateur malgré lui dans un Mali qu'il aimerait peuplé de girafes, de lions et d'hippopotames (mais rien ?). Il n'en verra pas. L'écrivain au Mali tente de prendre des notes, de faire corps avec l'Afrique. (Et dans Un Livre blanc, le narrateur est confronté à d'autres catégories d'exotismes). Il n'y arrive pas. Il est pitoyable et vide là où Vasset trouve moyen de se sortir de l'impasse. Et des phrases de Chevillard, évidemment, sont comme un écho à celles de Vasset.

Chez Chevillard : « Il a le souci constant du livre qu'il est venu chercher là, dont il collecte infatigablement les matériaux. Il 'a même pas à se baisser. Pour l'heure, il se demande comment lier plus tard toutes ces notes accumulées dans le petit carnet noir. » Oreille rouge, c'est le surnom de cet écrivain raté, ne fera rien de bien intéressant de ces notes. Tout le savoir faire d'Eric Chevillard est de pointer cette vacuité en en tirant un livre drôle et intelligent.

Philippe Vasset n'est pas au Mali, mais aux portes de Paris. Et l'écho est bien là, dans Un Livre blanc : « Une fois la zone blanche localisée, j'essayais de décrire le plus précisément que je le pouvais la configuration des lieux. Je prenais ma mission très au sérieux et m'étais muni de tous les outils de l'exploration traditionnelle : une balise GPS, un appareil photo, ainsi qu'un carnet de croquis où je prenais des notes, effectuais des relevés,et dessinais des plans sommaires. A accumuler ainsi les informations et à me glisser par dessus les murs et les palissades, j'avais l'impression de faire de la géographie parallèle, alternative, à rebours de la science officielle, forcément impersonnelle et réductrice. » On apprend qu'il n'aura pas tout utilisé, et il passe le livre à s'interroger sur quoi faire de toute cette matière.

Et finalement, ni Oreille Rouge, ni Philippe Vasset ne donnent le livre attendu. L'un parce que c'est un personnage sans envergure, l'autre parce qu'il en a trop de talent pour tomber dans le piège. Philippe Vasset, c'est Oreille Rouge qui aurait réussi.

Tous les deux parlent de l'écriture, de son impossibilité, de ses limites au moins, du monde qui se refuse à la représentation, à l'image qu'on en a.


Un Livre Blanc, Philippe Vasset, Fayard, 14 Euros.

Oreille rouge, Eric Chevillard, Editions de Minuit, 6,50 Euros

Je parlais du site web associé à Un livre blanc, ici.

Signature

Signature
Le gobelet d'eau est plein. La liste des journalistes est prête. Les piles de livres sont bien en place. La pièce n'a pas de fenêtre et j'ai quémandé un feutre noir au service de presse. Je me mets au travail : signer les livres. Pour que les journalistes les reçoivent bel et bien. Avec ce qu'il faut, mais pas plus, de personnalisation.

Les plus grands auteurs ont signé sur ces tables. Je griffone très modestement la première page de chaque exemplaire.

Je feuillette aussi pour la première fois ces premiers volumes. Le Meilleur de l'absurde sort le 12 septembre.

Philippe Vasset dans le blanc de la carte

Philippe Vasset est écrivain. Son dernier livre, je ne l'ai pas encore lu. Mais, sans attendre, il faut signaler le site internet associé. Que dire ? Il faut lire l'article de François Bon sur le sujet. Et, ensuite, cliquer sur un site blanc. Là, vous allez découvrir ces lieux que les cartes ne renseignent pas. L'expérience est un peu déroutante, et si elle m'emballe c'est parce qu'elle fixe un moment du lieu... Elle fixe ce qui jamais ne serait fixé, ce qui, littéralement, n'a pas droit de cité sur la carte. Elle le fixe, et elle l'écrit en mélant texte, image, vidéo. C'est l'expérience la plus aboutie d'écriture multimédia que j'ai eu l'occasion de voir.

Les lieux sont perdus, industriels, urbains, sauvages... Je commande le livre de ce pas. Pour moi, c'est clair, il y a là un événement à ne pas manquer.

 

Et je retourne sur ce site blanc.

[MAJ - le 6 septembre : j'ai lu le livre]

Quatrième de couverture

Je vous avais montré la couverture. Voici la quatrième. Celle que l'on lit avant d'ouvrir le livre. Celle qu'on a sous les yeux parce que, déjà, on a décidé, sur la table du libraire, de prendre le livre en main.
Et puis, ça me donne l'occasion de préciser que Le Meilleur de l'absurde sort le 12 septembre 2007. En pleine rentrée littéraire et déferlement de romans en tous genres... Il est déjà en précommande sur Amazon.

Quatrieme

Jasper Fforde, lecture d'été

...Au commencement, il y eut OralTrad, mis à jour dix mille ans plus tard par le biais de la versification (pour une meilleure mémorisation), et rebaptisé OralTradPlus. Des milliers d'années durant, ce fut le seul et unique système d'exploitation narratif,; il est encore en service aujourd'hui. Il y a vingt mille ans environ, le système se scinda en deux : d'un côté avec CaverneBarbouillePro (précurseur de PaontPlus V2.3, VaseGrec V1.2, MarbreSculpt V1.4 et le dernier en date, l'universel SuperExpressionArtistique-5). L'autre branche, les systèmes narratifs picto-phonétiques, débuta avec TabletArgil V2.1 et connut différents stades concurrentiels (TabletCire, Papyrus, VélinPlus) avant de fusionner en un seul système, MANUSCRIT, qui remporta tous les concours et subit huit mises à jour jusqu'à la version V3.5, pour être finalement supplanté par le tout nouveau et nettement supérieur LIVRE V1. Stable, facile à stocker et à transporter, compact et doté d'un index opérationnel, LIVRE domina le marché pendant près de dix-huit cents ans...

Et après ? Après, c'est UltraWXordTM, le système d'exploitation narratif à découvrir dans Le Puits des hisoitre perdues, de Jasper Fforde, traduit par Roxane Azimi. Avec UltraWXordTM, on pense, un peu, au livre électronique. Mais Jasper Fforde, c'est bien plus que ça, et Le Puits des histoires perdues est le troisième volume des aventures incroyables de Thursday Next dans un monde où le Dodo n'a pas disparu, et où les personnages de fiction s'échappent parfois de leurs livres, alors que les personnages réels n'hésitent pas à aller faire des tours dans la fiction...

Dans ce volume, on apprend, enfin, pourquoi on attend toujours Godot, ou ce que cache l'apparence lisse des romans d'Enyd Blyton. La trilogie est à lire, évidemment. La finir aura été, pour moi, un des bons moments de cet été 2007. En attendant la suite, mais il n'y a pas encore de date pour Sauvez Hamlet sur Amazon...

[MAJ] Ce nouveau système d'exploitation narratif nest pas tout à fait sans rappeler Exemplaire de démonstration, de Philippe Vasset, non plus. Même si le bouquin de Philippe est moins drôle.

L'écrit Web, par Joël Ronez

On peut critiquer les autres,mais à moins de vouloir s'attirer leur courroux, il vaut mieux les ménager, sans quoi on passe pour un aigri...

L'auteur qui glisse cette phrase en page 106 de son livre annonce clairement la couleur. Heureusement, on ne comptait pas en dire du mal. Bien au contraire. Et, de toute façon, le contraire aurait été malvenu : j'ai reçu l'ouvrage avec une jolie dédicace manuscrite, je fait partie des trois personnes remerciées dès la page 6, et je figure en bonne place dans la bibliographie. Ouf ! En méritai-je tant ?

Comment voulez-vous, après ça, écrire une critique objective ? Allez, je trouve le livre très bien, et indispensable, puisqu'il n'en existait qu'un jusque là. Et il date de 2003... Celui de Joël est de 2007. Et ça se voit : il y a moultes choses que vous trouverez dans le sien qui ne sont pas dans le mien. Quatre ans, à l'échelle d'Internet, c'est une éternité.

Donc, côté référencement naturel, notamment, le bouquin de Joël est beaucoup plus à la page que le mien. Côté blogs également. Heureusement, le mien garde encore un petit intérêt : il est plus orienté pratique. Mais il mériterait bien une petite refonte.

Mais c'est de celui de Joël qu'il convient de parler. Vous y trouverez les bases de ce qui fait le corps des bonnes formations à l'écriture en ligne. Les exemples sont bien choisis, le ton alerte.

Bref, c'est à mettre entre toutes les mains. Voire entre les mains et le clavier.

J'ai bien une ou deux critiques, quelques menus points de désaccord, je pourrais me gausser d'un ou deux perles assez savoureuses. Mais je ne le ferai pas, et vous avez bien compris pourquoi. D'autant que le courroux de Joël, je ne préfère pas savoir à quoi ça ressemble. En plus, le livre est publié chez un de mes principaux employeurs. ;-)

L'écrit Web, Traitement de l'information sur Internet
, Joël Ronez, CFPJ édition. Dans les librairies en lignes en septembre 2007. Et d'ici là, et après, sur le blog associé au livre.

Le meilleur de l'absurde

Le Meilleur des Jeux de mots connait un vrai succès depuis sa sortie. Impossible, pourtant, de sortir un deuxième volume : si le meilleur est dans le premier, le second ne contiendrait que des scories... Passons, donc.

Mais, sur le même modèle, qui semble plaire, on pouvait faire autre chose. Et c'est ainsi qu'est née l'idée du Meilleur de l'absurde. Ces sentences qui n'ont pas de sens, ou se jouent de la logique, mais qui pourtant font mouche, sous la plume des meilleurs auteurs. Et ce petit dictionnaire de citations paraîtra chez Mille et une nuits après l'été.

Les épreuves sont corrigées, la couverture est prête. Il n'y a plus qu'à attendre patiemment...

Couverture

Question de style, manuel d'écriture

En passant par le CFPJ, comme cela m'arrive souvent entre cours et formation, j'ai acheté la semaine dernière un petit bouquin signé par Dane Cuypers, que je ne connais pas. "Question de style, manuel d'écriture", aux éditions du CFPJ, donc.

J'ai du mal à résister à ce genre de livre, même si, trop souvent, c'est décevant. Et, là, j'ai été plus qu'heureusement surpris. Un manuel d'écriture qui tient la route et qui, cerise sur le gateau, mais c'est la moindre des choses, est agréable à lire, c'est tout du bonheur.
En 140 pages (pour 20 Euros, c'est un peu cher, heureusement que c'est bien), vous y trouverez de nombreux conseils, et une vraie jubilation.

Il y est question de ce qui fait la patte, la petite musique, le style, la différence... Si vous ambitionnez d'apportez à votre écriture la petite touche qui fait qu'on vous reconnaîtra peut-être dans vos textes, c'est le livre qu'il vous faut.

C'est fait pour les journalistes, et pour le papier, mais puisque c'est la qualité d'écriture qui rend fidèle le lecteur sur Internet, tout de même, on ne perdra rien, rien de rien, à se plonger dans ce petit manuel d'écriture.

Lire, communiquer, écrire et apprendre avec Internet, Annie Piolat

Piolat "L'objectif de cet ouvrage est d'évaluer comment et en quoi les processus et les pratiques de lecture, d'écriture, de communication et d'apprentissage impliqués par ces échanges sont transformés par les propriétés de mise en forme et de distribution des informations multimédias sur le Web. Une grande diversité de questions est abordée : Les concepteurs de sites Web prennent-ils suffisamment en compte les façons de procéder des internautes pour qu'ils accèdent aisément aux informations ? Les caractéristiques multimédias du Web permettent-elles de compenser des déficits attentionnels, mnésiques, auditifs de certains internautes ? Existe-t-il une addiction à l'usage d'Internet ? Les pratiques langagières écrites des internautes évoluent-elles avec cet outil de communication médiée par ordinateur ? La créativité littéraire est-elle stimulée par la publication en ligne ? Comment les internautes trouvent-ils de l'information et en évaluent-ils la validité ? Les moteurs de recherche permettent-ils de renouveler la qualité de la traduction d'une langue à l'autre ? Quels savoirs les sites encyclopédiques collectifs rassemblent-ils ? A quelles conditions les documents électroniques favorisent-ils l'acquisition de connaissances ? Les 50 contributeurs issus de disciplines diverses (informatique, neurosciences, psychologie, sciences du langage, sciences de l'éducation et de la communication) et les 26 chapitres de cet ouvrage répondent à ces différentes questions sous forme de synthèse ou de compte-rendu de recherche. Ce livre est donc simultanément destiné aux étudiants et aux chercheurs de ces disciplines."

Avec une présentation comme celle-là, voici un livre que je peux que commander illico presto. Et je vous pouvez en faire autant, même si le prix est un peu élevé...

Lire, communiquer, écrire et apprendre avec Internet, Annie Piolat, Solal, 50 Euros